Les irradiés du nucléaire français mieux indemnisés

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et Marion Fontenille , modifié à
- Les conditions d’indemnisation vont être assouplies sur consigne de l’Elysée.

Regain d’espoir pour les victimes des essais nucléaires françaisdans le Sahara algérien puis en Polynésie française : les conditions d'indemnisation vont être assouplies par le ministère de la Défense, selon les informations obtenues par Europe 1.

Un seul dossier a obtenu un remboursement, à hauteur de 2%

L’Elysée a poussé en ce sens après des mois de critiques contre la loi Morin. "La loi Morin n'indemnise qu'au cas par cas. Sur 12 dossiers, un seul a obtenu un remboursement à hauteur de 2%, ce n'est pas sérieux", déclarait ainsi, il y a peu, Hiro Tefaarere, premier vice-président de l'Assemblée de la Polynésie française.

Doivent donc être revus, dans un premier temps : les périmètres géographiques arbitraires et certaines exigences administratives aberrantes. Jusqu’à maintenant, le dossier d’indemnisation exigeait, par exemple, une attestation de sécurité sociale ou une carte Vitale… des documents qui n'existent pas en Polynésie.

"La loi Morin, une pure mascarade"

Gendarme à la retraite ayant travaillé sur le site de Mururoa de 1978 à 1981, Marius Chan est aujourd’hui gravement malade. Joint par Europe 1, il n’a pas caché sa colère : "ne me parlez pas de cette loi Morin, c’est de la pure mascarade ! On m’a fait un examen très douloureux, c’est là que l’on s’est aperçu que mon rein gauche ne fonctionnait plus : il était tout noir". Et l’ancien militaire de dénoncer : "c’est quelque chose d’horrible, on n’a jamais demandé ces essais nucléaires, on nous les a imposés et on subit, et cela pour des milliers d’années encore."

En 2010, on comptabilisait "45 morts et près de 800 nouveaux malades", d’après l'association des vétérans des essais nucléaires (Aven). Autant de dossiers qui devraient être prochainement déposés. Quinze ans après le dernier tir d’expérimentation français, si les conditions d’indemnisation s’assouplissent, la loi ne prévoit, en revanche, toujours pas de suivi médical adapté pour les populations exposées.