Me Assous assure qu’Yldune Lévy, compagne de Julien Coupat, était à Paris le soir des sabotages.
Nouveau rebondissement dans l’affaire Tarnac. Le Canard Enchaîné révèle dans son édition de mercredi la trace dans le dossier d’un retrait effectué à Paris avec la carte bancaire d’Yldune Lévy la nuit du 7 au 8 novembre 2008, quand des lignes de TGV avaient été sabotées, en Seine-et-Marne. Or, Yldune Lévy est, avec son compagnon Julien Coupat, la principale suspecte dans cette affaire de terrorisme attribuée à l’ultra-gauche. Cette contradiction, les avocats de la défense comptent bien s'en servir, comme l'a confirmé mardi Me Assous, conseil de Julien Coupat, au micro d'Europe 1.
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Un retrait à 2h44 à Pigalle
La fameuse nuit des sabotages, à en croire les procès-verbaux versés au dossier, la voiture de Julien Coupat et d’Yldune Lévy a été suivie en permanence par une vingtaine de policiers anti-terroristes. Et les policiers certifient sur procès-verbal que ce véhicule a quitté les lieux du sabotage vers 4 heures du matin. Or, le relevé bancaire de la jeune femme montre un retrait à 2h44 du matin, non pas en Seine-et-Marne mais dans le quartier de Pigalle, à Paris. Un retrait de 40 euros qui sème une nouvelle fois le doute sur la réalité de la filature effectuée par les policiers.
C’est du moins la version désormais défendue par l’avocat de Julien Coupat, interrogé en exclusivité par Europe 1. Me Assous tient d’abord à expliquer la révélation tardive de cette preuve par l’action des policiers. "Durant la garde à vue, qui a duré quatre jours, les services de police ont demandé les relevés bancaires de l’ensemble des mis en cause, sauf, comme par extraordinaire, ceux d’Yldune Lévy", a-t-il accusé.
"Cette pièce n’était pas dans le dossier"
"Pire, B. M. [le policier] qui est l’auteur du procès-verbal de filature et qui est accusé d’être un faussaire, reçoit les relevés bancaires d’Yldune Lévy en 2010, donc deux ans après les autres. Il ne les analyse qu’en 2011 et il ne les verse au dossier qu’en 2012", a encore dénoncé Me Assous. "Les avocats qu’Yldune Lévy étaient dans l’impossibilité de pouvoir invoquer cette pièce puisqu’elle n’était pas dans le dossier", a-t-il conclu.
Julien Coupat et Yldune Lévy auraient pourtant pu clamer qu’ils étaient à Paris ce soir-là. "On n’a jamais posé la moindre question à Yldune Lévy et Julien Coupat après leur retour de Paris. Ça n’a jamais intéressé personne. Ni les enquêteurs, ni les magistrats instructeurs", a rétorqué l’avocat. "Bien sûr qu’ils auraient pu le dire, mais ils ont tous été placés en détention provisoire sur la foi du faux procès-verbal".
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