Le tribunal correctionnel de Paris rend jeudi son jugement dans l'affaire des emplois fictifs.
Jacques Chirac sera-t-il relaxé, comme l'a demandé le parquet, ou condamné à l’âge de 79 ans ? La justice se prononce jeudi sur sa responsabilité dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la mairie de Paris, quand il était le premier élu de la capitale. La lecture du jugement doit commencer à 10h.
Chirac attend "calmement" son jugement
En raison de ses problèmes de santé, l'ex-chef de l'Etat n'a pas assisté au procès qui s'était tenu du 5 au 23 septembre, au tribunal correctionnel de Paris. Jacques Chirac ne sera pas plus présent pour entendre la décision, jeudi matin. Selon l'un de ses avocats, Me Georges Kiejman, l'ancien président "attend calmement" ce jugement.
Poursuivi pour "prise illégale d'intérêt", "abus de confiance" et "détournement de fonds publics", Jacques Chirac encourt théoriquement 10 ans de prison et 150.000 euros d'amende. Mais, en réalité, l'enjeu du jugement réside d'abord dans une éventuelle déclaration de culpabilité, avec le cas échéant une peine symbolique avec sursis, voire une dispense de peine. "Votre jugement sera la dernière image donnée de Jacques Chirac", avait souligné Me Kiejman, plaidant la relaxe de son client.
Le parquet a demandé la relaxe
Le tribunal se prononcera également sur le sort de ses neuf coprévenus, parmi lesquels le petit-fils du général de Gaulle, Jean de Gaulle, l'ex-secrétaire général de Force Ouvrière Marc Blondel, l'un des fils de l'ex-Premier ministre Michel Debré, François Debré, et deux anciens directeurs de cabinet, Michel Roussin et Rémy Chardon.
Dans un réquisitoire que certains ont rapproché d’une plaidoirie de la défense, le parquet avait demandé, le 21 septembre, la relaxe de tous les prévenus dans les deux volets de l'affaire. L'un, instruit à Paris, porte sur 21 emplois présumés fictifs et l'autre, instruit à Nanterre, sur 7 postes, rémunérés par la mairie de Paris de 1990 à 1995.
Quelle qu'en soit l'issue, ce procès marquera un tournant. Le PS et le centre estiment en effet qu'il faut réformer l’immunité présidentielle du chef de l'Etat, qui aboutit à leurs yeux à un privilège judiciaire.
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