Avec quelque 40.000 titres piratés, la bande dessinée est le secteur de l'édition le plus écumé par ces "corsaires", organisés en équipes de fans qui proposent des fichiers illégaux de très bonne qualité, selon une étude rendue publique avant le Festival de BD d'Angoulême.
Cette étude réalisée pour le MOTif (Observatoire du livre et de l'écrit en Ile-de-France) ne concerne que les contenus payants et sous droits et seulement les BD publiées par des éditeurs français, en français (traduites ou non).
"Notre estimation va de 35.000 à 40.000 titres de BD piratés, dont 8.000 à 10.000 réellement accessibles, avec des liens de téléchargement et des sources peer-to-peer actifs, à la portée d'un internaute moyennement averti", souligne Mathias Daval, qui a mené l'enquête.
Le peer-to-peer (P2P) est un système où les ordinateurs, reliés entre eux par un réseau, peuvent s'échanger des fichiers. Il est encore employé pour le piratage des BD mais le téléchargement direct gagne du terrain.
Les BD disponibles sur des réseaux privés accessibles par une connexion sécurisée ont été exclues de l'étude, explique le chercheur de Edysseus Consulting.
"Le lecteur de bande dessinée est historiquement un collectionneur, plutôt compulsif. Et il n'y a pas assez d'offre numérique légale, ce qui peut constituer, dans une certaine mesure, un encouragement au piratage", note-t-il.
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