La cour d'assises du Val-de-Marne a condamné quatre autres accusés à des peines allant de trois ans avec sursis à un an de prison ferme.
Au terme de trois semaines d'un procès à huis clos éprouvant, la cour d'assises du Val-de-Marne a finalement rendu son verdict dans l'affaire des tournantes pour laquelle quatorze hommes comparaissaient pour des viols collectifs contre deux jeunes filles dans des cités de Fontenay-sous-Bois de 1999 à 2001.
13 ans après les faits, sur les quatorze accusés, aujourd'hui âgés de 29 à 33 ans, dix ont été acquittés. Quatre autres ont été condamnés à des peines de trois ans avec sursis à un an de prison ferme. Les quatre condamnés l'ont été pour des viols commis sur une seule des deux plaignantes, Nina. Les quatre hommes poursuivis pour les mêmes faits sur Aurélie, ont été acquittés. Les peines de prison ferme sont assorties de sursis de quatre ans à quatre ans et demi pour trois d'entre eux.
Au moment du verdict vers 1h30, les deux jeunes femmes étaient absentes du tribunal de Créteil. Europe 1.fr revient sur les moments forts de ce procès.
• L'élément déclencheur de l'affaire. Tout débute en 1999, Nina est alors âgée de 16 ans. Au dernier étage d'une tour de la cité de la Redoute, à Fontenay-sous-Bois, elle est violée par un garçon à peine plus âgé qu'elle. Une scène qui se reproduira "quotidiennement", dans des caves, des parkings, des appartements où se retrouvent plusieurs adolescents du quartier.
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© MAX PPP
Quelques années plus tard, les policiers découvrent l'existence d'une seconde jeune femme. C'est entre 2000 et 2001 que Stéphanie, alors âgée de 15 ans est victime à son tour de cette même bande. Les enquêteurs découvrent ainsi un véritable "système" de "tournantes" instauré par le passé par ce groupe.
C'est en réalité une agression à l'automne 2005 qui a été l'élément déclencheur de toute l'affaire. Tabassée dans la rue par un certain M.D. à cause d'un regard de travers, Nina confie aux enquêteurs les années de violences sexuelles dont elle a été victime. Son agresseur fait partie de garçons qui l'avaient violée plusieurs années auparavant.
• Un procès à multiples rebondissements. Treize des quatorze accusés comparaissaient libres. Depuis les faits, les jeunes hommes, ont en effet tourné la page. Nombre d'entre eux sont en effet insérésdans la vie active. Tous les prévenus ont nié les faits. Deux positions se sont dégagées : ceux qui assurent de ne "même pas" connaître les victimes et ceux qui soutiennent que Nina et Stéphanie étaient consentantes.
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Une posture difficile à supporter pour les deux jeunes femmes. Si au premier jour du procès les deux victimes ont tenu le choc face aux discours de leurs agresseurs, elles n'ont pas pu encaisser ce concert de dénégations les jours suivants. Nina, trop angoissée, a été absente du tribunal plusieurs jours. Stéphanie, quant à elle, a fait une tentative de suicide pendant le 22 septembre, quelques jours après l'ouverture du procès.
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Début octobre, l'audience a pris une tournure défavorable pour les deux victimes présumées. L'une des victimes a reconnu avoir menti par le passé sur des accusations de viols. La plainte pour viols, déposée en 1996, avait été classée sans suite. Des révélations qui ont semé un peu plus le doute dans la tête des jurés qui ne savaient plus qui croire dans ce dossier sans preuve.
• Les réquisitions. Lundi, l'avocate générale avait requis des peines de cinq à sept ans de prison pour huit accusés. Pour les six autres, elle s'en était remise à la décision de la cour, évoquant le "doute" et relevant le manque d'éléments à charge les concernant pour réclamer une peine.
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