Le procureur a requis leur placement en détention provisoire et ouvert une information judiciaire.
Ils étaient en garde à vue depuis samedi dernier. Sept des douze suspects arrêtés le week-end dernier dans le cadre d'un coup de filet anti-terroriste ont été mis en examen jeudi. Les cinq autres suspects ont été libérés, sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux. Pour le procureur de Paris, la cellule démantelée est "le groupe terroriste le plus dangereux depuis 1996". "Grâce a l'enquête, une attaque terroriste a pu être évité dans notre pays", a-t-il assuré. Il a donc demandé leur placement en détention provisoire - une requête examinée jeudi soir par un juge des libertés et de la détention.
Une information judiciaire a également été ouverte, notamment pour "tentative d'assassinat en lien avec entreprise terroriste", "détention de substances entrant dans la composition d'engin explosif" ou encore "association de malfaiteurs en vue d'intégrer un groupe djihadiste". Trois juges d'instruction ont été nommés pour mener l'enquête.
Il y a deux volets distincts dans l'enquête
Le procureur de la République, François Molins, a expliqué que l'enquête comportait deux volets différents qui se sont rejoints : une "association de malfaiteurs en vue de commettre un attentat" qui concerne l'attaque à la grenade d'une épicerie casher à Sarcelles le 19 septembre, et une "association de malfaiteurs terroristes" ayant pour but de rejoindre des réseaux djihadistes en Syrie.
Cinq personnes avaient été identifiées dans la première affaire et quatre dans la seconde. D'après le procureur, il était initialement prévu que l'opération du week-end dernier ne concerne que l'affaire de Sarcelles. "Mais la réaction de Jérémie Louis-Sidney nous a amenés à réévaluer la situation et donc d'ordonner l'interpellation des objectifs de la seconde opération", a expliqué François Molins.
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En plus des neuf personnes identifiées, les policiers ont été amenés à procéder à "quatre interpellations fortuites", parmi lesquelles "la seconde épouse de Jérémie Louis-Sidney" ou encore des amis chez qui des suspects étaient hébergés ou qui se trouvaient avec eux au moment de leur interpellation. Ces quatre personnes font partie des suspects libérés jeudi.
Jeunes, délinquants et convertis à l'islam
Le procureur de la République a par ailleurs précisé le profil des suspects. Il s'agit d'hommes de 19 à 25 ans, tous nés en France et de nationalité française. Tous, sauf un, s'étaient convertis "plus ou moins récemment" à l'islam. Et il n'apparaît pas, selon François Molins, que leur radicalisation soit liée à la prison dans la mesure où seulement deux d'entre eux avaient déjà été incarcérés, et encore pour des durées assez courtes, de deux à trois mois. Il apparaît enfin que les sept suspects sont "tous de petits délinquants" impliqués dans le passé dans des affaires de "vols ou trafic de stupéfiants".
Et contrairement à ce que pensaient au départ les enquêteurs, il apparaît que c'est en fait Jérémie Bailly qui serait le leader du groupe. C'est chez ce jeune homme d'une vingtaine d'années qu'a été retrouvée une liste d'organisations et d'institutions juives "cibles". Il détenait par ailleurs le box où avaient été placées des armes et des composants chimiques d'engins explosifs artisanaux.
"Une cellule terroriste d'une extrême dangerosité"
Dans ce dossier, le procureur de Paris, François Molins, avait parlé de "cellule terroriste d'une extrême dangerosité", après la saisie de ce qui est présenté comme des ingrédients de fabrication d'engins explosifs. Il a d'ailleurs utilisé une mesure exceptionnelle dans cette affaire mercredi, la prolongation au-delà de quatre jours de la garde à vue des suspects, sur le fondement d'un supposé "risque d'attentat imminent". La police a en effet découvert lors d'une perquisition dans un box de Torcy, en Seine-et-Marne, outre un fusil à pompe et une arme de poing, des sacs contenant du nitrate de potassium, du souffre, du salpêtre, des récipients de type cocotte-Minute et des ampoules de phare.
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Un treizième suspect, chef de file présumé de cette cellule, Jérémie Louis-Sidney, a été tué samedi par les policiers venus l'arrêter dans un appartement de Strasbourg et sur lesquels il avait vidé le barillet d'un revolver 357 Magnum.
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