"C'est un accident", ont reconnu les roms de Noisy-le-Grand, endeuillés par la mort de deux ados.
Aucune véhémence, mais beaucoup d'incompréhension au sein de la communauté rom de Noisy-le-Grand, endeuillée par la mort de deux adolescents. Deux jeunes de 12 et 15 ans circulant à vélo ont été percutés par un véhicule mercredi soir. L'un d'eux a été tué dans l'accident, l'autre a été hospitalisé à Paris et se trouve dans un état critique.
"Au passage du camp de Roms, un vélo monté par deux adolescents de 12 et 15 ans a surgi de nulle part et malheureusement le conducteur a percuté le vélo", a précisé la préfecture de Seine-Saint-Denis. Le responsable de l'accident, un père de famille qui rentrait chez lui avec ses deux enfants, s'est directement rendu au commissariat de Noisy-le-Grand. Il a été placé en garde à vue jeudi matin à 9h30.
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Le deuxième accident dans la famille
La piste de l'accident est donc privilégiée par les enquêteurs. L'accident est "involontaire", a abondé le maire PS de la commune, Michel Pajon. Un sentiment partagé au sein du campement de roms. "Pour nous, c'est un accident mortel", confirme Ana-Marca, une cousine des deux garçons, au micro d'Europe 1. "C'est terrible, c'est la deuxième fois qu'il y a un accident dans la famille", poursuit la jeune femme.
Au lendemain du drame, les 150 membres du campement rassemblés autour d'un café, sous des tentes, dans des baraquements de fortune, ont dû mal à réaliser ce qu'il s'est passé mercredi soir. La mère de l'adolescent mort après avoir été percuté commence tout juste à comprendre que son fils a perdu la vie. Abasourdis, frappés par le deuil, ils se soutiennent. Aucun d'entre eux ne fait part de ressentiment envers le conducteur de la voiture qui a percuté les deux jeunes à vélo.
La famille voulait récupérer le corps
Seules quelques tensions se sont fait sentir juste après l'accident. Selon Didier Cusserne, du collectif de soutien aux Roms de Noisy-le-Grand, les habitants du bidonville se sont massés "le long de la route où ça s'est passé". "Il y avait des mamans en larmes qui s'effondraient, c'est toute une communauté qui se sent frappée", a précisé Didier Cusserne.
Selon des informations d'Europe 1, la famille souhaitait en effet garder le corps de l'adolescent mort. Ce que les secours n'ont pas pu laisser faire. La police est alors intervenue en repoussant l'ensemble du camp, sortant matraques et gaz lacrymogène.
D'après Didier Cusserne, les habitants ignoraient encore vers 23 heures que l'un des deux enfants était mort et l'autre dans un état critique. Certains membres de sa famille doivent donc se rendre jeudi à l’hôpital pour essayer d'avoir des nouvelles du jeune homme de 12 ans.
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