Pourquoi "geler" une scène de crime ?

Par Frédéric Frangeul et Guillaume Biet

Publié le 6 septembre 2012 à 14h45 Mis à jour le 26 septembre 2012 à 19h51

Le gel de la scène de crime est mis en place de façon quasi-systématique par les gendarmes dès lors qu’une affaire criminelle sort de l’ordinaire.

Le gel de la scène de crime est mis en place de façon quasi-systématique par les gendarmes dès lors qu’une affaire criminelle sort de l’ordinaire. © MaxPPP

ZOOM - Cette procédure est systématique lors d’affaires criminelles importantes.

La tuerie de Chevaline, mercredi en Haute-Savoie, met en lumière un aspect courant des affaires criminelles mais peu connu du grand public : le "gel" de la scène de crime. Dans cette affaire, une fillette de quatre ans a été retrouvée vivante dans le véhicule où se trouvaient les cadavres de trois membres de sa famille, huit heures après l’arrivée des gendarmes sur les lieux. Un délai qui pose la question du déroulement du gel d’une scène de crime. Europe1.fr vous le détaille, avec Guillaume Biet du service police-justice d'Europe 1.

En quoi consiste le gel d’une scène de crime ? Le gel de la scène de crime est mis en place de façon quasi-systématique par les gendarmes dès lors qu’une affaire criminelle sort de l’ordinaire. Cette procédure consiste à figer la scène de crime jusqu’à l’arrivée de techniciens d’investigation criminelle (TIC), seuls à même d'intervenir pour chercher des indices. L’objectif est d'éviter l'intrusion de traces n'ayant aucun lien avec l’affaire sur la scène de crime. Le "gel" d'une scène de crime revient donc à déposer une cloche de verre sur les lieux d'un crime pour optimiser la découverte d’indices.

Que se passe-t-il avant l’arrivée des TIC ? La première mission des services présents sur les lieux d’un crime est de porter assistance aux éventuels blessés et de sécuriser le périmètre. Dans l’affaire de Chevaline, les pompiers ont d'abord secouru la fillette de sept ans grièvement blessée. En regardant à travers les vitres, ils ont fait le même constat que les médecins présents sur place : les trois personnes criblées de balles dans la voiture étaient mortes. Ils n'ont pas vu la fillette de quatre ans, couchée sur le plancher arrière, sous les jambes de deux victimes.

Personne n’est donc entré dans le véhicule, de peur que la vitre de la portière de la voiture, fragilisée par les impacts de balles ne s’effondre. Ce qui aurait limité les possibilités de recherches des experts en balistiques.

© MAX PPP

Qui peut intervenir ? Les seules personnes autorisées à intervenir sur une scène de crime sont les techniciens d’investigation criminelle. Ces techniciens de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), basés à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, constituent l’élite de cette unité au sein de la gendarmerie. Ils avaient ainsi notamment examiné le chalet des Flactif, lors de l’affaire du Grand-Bornand en 2003. Dotés d’un matériel de pointe, ils avaient mis au jour des traces de sang pourtant nettoyées par les auteurs du crime.

Que font les techniciens d’investigation criminelle ? Communément identifiés par le grand public comme les "hommes en blouse blanche", les TIC passent au peigne fin la scène de crime. Ils partent à la recherche de traces de sang, de poils ou de cheveux pour déceler des traces ADN de l’identité des auteurs du crime. Ils veillent ainsi à protéger des éléments fragiles tels que des traces de semelles ou de pneus et marquent l'emplacement d'éléments trouvés à l'aide de plots.

Ces experts photographient les lieux, posent des scellés sur tous les éléments intéressants pour l’enquête, tels que des douilles de balles, des vêtements ou des armes qui sont ensuite envoyés en laboratoire pour être analysés.

police scientifique © MAXPPP

A Chevaline, les techniciens de l'IRCGN dépêchés sur place devaient notamment calculer toutes les trajectoires des balles afin d'effectuer une modélisation en 3D de la scène du crime. L’objectif est d’obtenir des renseignements sur l’emplacement du ou des tireurs, et ainsi de déterminer leur nombre et leur taille.

Combien de temps pour intervenir ? Les techniciens d'investigation criminelle ne travaille pas dans l'urgence et sont censés intervenir sur une scène de crime "figée". Alertés mercredi en fin d'après-midi du drame, les TIC de Rosny-sous-Bois ont immédiatement pris la direction de la Haute-Savoie par la route. C'est ce temps de transport qui explique le délai de huit heures avant la découverte de la fillette de quatre ans, peu avant minuit, prostrée dans la voiture de ses parents.

  • a a
7

Et aussi

Ajouter un commentaire

Votre commnentaire a bien été envoyé, vous allez recevoir un email de confirmation

Message d'erreur

    En ce moment sur Europe 1

    Le flash faits divers
    1. 15h19

      Agression raciste à Lyon

    2. 11h02

      Chute mortelle dans le massif du Mont-Blanc

    3. 11h01

      Corse : blessé par balle à Bastia

    4. 10h59

      Somme : un enfant se tue avec un fusil

    5. 09h37

      Il trouve une arme dans la cour de récré

    6. Hier

      Lyon : soupçonné d'avoir tué ses 2 enfants

    7. Hier

      L'homme brûlé à Marseille a été identifié

    8. Hier

      Essonne : un déséquilibré blesse 7 passants

    1. Hier

      Héroïne surdosée en Seine-Saint-Denis

    2. Hier

      Un gendarme fauché par une voiture

    3. Hier

      À 193 km/h sur une départementale

    4. Hier

      Menaces à Strasbourg : douzaine de pistes

    5. Hier

      Un jeune homme brûlé vif dans sa voiture

    6. Hier

      Yonne : sauvés du naufrage de leur péniche

    7. Hier

      Menaces Strasbourg : les 2 frères libres

    8. Hier

      Menaces-lycée alsacien : 2 frères interpellés

    1. Hier

      Le djihadiste Gilles Le Guen mis en examen

    2. Hier

      Séquestration : 4 mises en examen

    3. Hier

      Il fonce sur un homme pour une dette de 26€

    4. Hier

      Fiona : la piste d'un ancien ami de la mère

    5. Hier

      De la cocaïne dans une cour d'école

    6. Hier

      Cannes : panique au Grand Journal

    7. Hier

      Homophobie : prison ferme pour 3 hommes

    8. Hier

      Une flèche dans la tempe de son collègue

    1. Hier

      Esclavage moderne : 3 mises en examen

    2. Hier

      INFO E1 - Un judoka médaillé en garde à vue

    3. Hier

      Vol/Cannes : la Palme d'or est "en sécurité"

    4. Hier

      Cannes: un million de dollars de bijoux volés

    5. Hier

      Lycées menacés en Alsace : un appel à témoins lancé

    6. Hier

      Le cambrioleur chute du troisième étage

    7. Hier

      Gard-enfant blessé : un homme s'est rendu

    8. Hier

      PSG-incidents : 4 mois ferme pour un jeune

    1. Hier

      Fiona : un numéro vert mis en place

    2. Hier

      PSG-incidents : 2 mois ferme pour 2 jeunes

    3. Hier

      Une alpiniste disparait dans le Mont-Blanc

    4. Hier

      Condamné pour avoir dépouillé un suicidaire

    5. Hier

      Prison/Strasbourg : des familles en infraction

    6. Hier

      Suicide à l'école :"les enfants très choqués"

    7. Hier

      Dijon : un "enfant mystère" de 14 ans

    8. Hier

      Ecole/Peillon : "un fait divers douloureux"

    1. Hier

      Enfermé à l'école, il tombe du 1er étage

    2. Hier

      PSG : informations en ligne pour les victimes

    3. Hier

      2 tonnes de cannabis dans les carottes

    4. Hier

      Fiona : "appel au secours" de la mère

    5. Hier

      Mulhouse : un détenu se suicide à la prison

    6. Hier

      Suicide dans une école : "j'avais très peur"

    7. Hier

      Un cadavre découvert chez le roi d'Arabie

    8. Hier

      Suicide/maternelle: l'homme a jeté des articles de presse

    1. Hier

      Maternelle/Suicide : "j'ai vu tout le sang"

    2. Hier

      Maternelle/suicide : "j'ai hâte de voir mes enfants"

    Europe 1 sur les réseaux sociaux
    Dernières offres d'emploi

    avec logo Cadr'emploi

    Recherche détaillée