Quatre militants d'extrême-droite, suspectés d'avoir occupé une mosquée, ont été présentés à un juge.
L'enquête concernant les manifestants du mouvement d'extrême-droite Génération identitaire, qui ont occupé samedi le chantier d'une mosquée près de Poitiers, progresse. Quatre militants d'extrême droite, placés en garde à vue samedi, ont été présentés lundi matin à un juge d'instruction.
Deux premières mises en examen
A la mi-journée, deux des quatre individus ont été mis en examen aux chefs d'"organisation d'une manifestation publique n'ayant pas fait l'objet d'une déclaration préalable dans les conditions fixées par la loi", de "provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, par des discours proférés dans un lieu ou réunion publics et par des placards ou affiches exposées au regard du public", et, enfin, pour "vol et dégradations de biens commis en réunion et portant sur des tapis de prière appartenant à la mosquée de Poitiers". Ces mise en examen s'accompagnent également d'un placement sous contrôle judiciaire.
Les quatre hommes, âgés de 23 à 26 ans, ont été déférés au parquet de Poitiers qui a ouvert une information judiciaire. Le parquet a précisé qu'il communiquerait dans la journée les motifs de poursuite retenus.
De nombreuses provocations
Ces militants d'extrême droite, dont l'action a fait l'objet de condamnations quasi unanimes dans la classe politique, se revendiquent du groupuscule Génération identitaire. Le credo de ce mouvement de jeunesse du Bloc identitaire : dénoncer "l'islamisation de la France." En 2010, ils avaient bénéficié d'un important écho médiatique en organisant des "apéros saucisson-pinards". Plus récemment, ils ont réveillé les habitants de Bordeaux au son du muezzin, un chant arabe appelant à la prière, rappelle 20 Minutes.
Cherchant à être médiatisés davantage, le Bloc identitaire a occupé samedi matin le chantier d'une mosquée à Poitiers, dans la Vienne. Vers 5h45 du matin, ils se sont installés sur le toit de la mosquée en construction et ont déployé une banderole affichant le nom de leur mouvement et évoquant selon eux la victoire de Charles Martel sur les Arabes à Poitiers en 732.
Un dossier pris très au sérieux à Poitiers
Le parquet de Poitiers, ville de quelque 90.000 habitants - dont 7 à 8.000 musulmans selon l'imam de la mosquée -, a dès samedi ouvert une enquête pénale pour "manifestation non autorisée, provocation à la haine raciale, participation à un groupement en vue de la préparation de dégradation de biens en réunion".
La qualification de "vol et dégradation en réunion" avait également été retenue notamment concernant une dizaine de tapis de prière déplacés sur le toit de la mosquée et endommagés par la pluie.
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