ZOOM - Mais une douille de l'arme utilisée pour tuer a été retrouvée sur ses indications.
L’enquête sur les quatre meurtres commis entre novembre 2011 et avril 2012 dans l'Essonne, dans un rayon de dix kilomètres, avec le même pistolet semi-automatique, a connu une avancée significative ce week-end. Deux hommes ont été interpellés. Mais un seul est toujours en garde à vue lundi et qualifié de suspect "très sérieux" par les enquêteurs concernant les trois derniers des quatre crimes, le premier meurtre faisant l'objet d'une information judiciaire distincte. L'homme a été présenté, lundi après-midi, à deux juges d'instruction en vue d'une mise en examen pour ces trois "assassinats", a annoncé lundi le procureur d'Evry, Marie-Suzanne Le Quéau.
Un suspect "très sérieux". La police judiciaire avait interpellé samedi deux individus. Parmi eux, un suspect apparaît de plus en plus clairement comme le tueur présumé. Il s’agit de Yoni P., un homme âgé de 33 ans et connu des services de police pour des affaires de trafic de drogue. Il est également décrit comme ayant des troubles psychologiques et des accès de violence. Domicilié à Draveil, il a été arrêté alors qu'il sortait du domicile de ses parents à Ris-Orangis. L'autre homme interpellé samedi a été remis en liberté lundi, selon les informations dont Europe 1 a obtenu confirmation. Il aurait en fait été victime d’une usurpation d’identité, selon Le Parisien, ce qu'a confirmé la procureure. Aucune charge n'a été retenue contre lui.
Il n'a "pas reconnu" sa participation mais il y a des éléments à charge. Le principal suspect dans l'enquête n'a, pour l'instant, rien reconnu, a indiqué lundi la procureure d'Evry, Marie-Suzanne Le Quéau. "Il a été entendu à trois reprise, à ce stade il n'a pas reconnu sa participation aux faits. Cependant, les éléments recueillis (...) constituent des éléments à charge importants", a précisé la magistrate lors d'une conférence de presse.
Une "probable" mise en examen pour "assassinats" . Le principal suspect est susceptible d'être mis en examen et écroué a déclaré la procureure d'Evry lors d'un point à la presse lundi après-midi, comme comme s'y attendait l'avocat du suspect un peu plutôt. L'homme était en garde à vue depuis samedi après-midi à la PJ de Versailles, après avoir été interpellé dans l'Essonne.
Un autre suspect pour le premier crime. Les charges pesant sur l'homme incarcéré depuis décembre dernier pour le premier des quatre meurtres de l'Essonne ne sont pas écartées à ce stade, a déclaré lundi le procureur d'Evry. Ce premier crime fait d'ailleurs l'objet d'une information judiciaire distincte. Le suspect du premier meurtre assure n'avoir jamais tué personne et mène une grève de la faim pour faire reconnaître son innocence. Il avait avoué les faits avant de se rétracter.
Un homme déjà condamné. La procureure a indiqué lundi que le suspect pour les trois derniers meurtres interpellé samedi avait déjà été condamné à six reprises dont une fois, en 2004, "pour violences aggravées et port d'armes prohibé". Il avait alors écopé d'une peine de huit mois de prison ferme.
Une douille de l'arme "utilisée" dans les meurtres retrouvée. Dimanche, les enquêteurs avaient découvert lors d'une perquiqition chez le suspect une douille de calibre 7.65 percutée identique à celles retrouvées sur les scènes des crimes, selon les informations recueillies par Europe 1. La procureure a déclaré lundi qu'il s'agissait d'une douille de l'arme "utilisée" dans les meurtres de l'Essonne.
Des armes retrouvées. Il n'est "pas possible" d'affirmer "à ce stade" que les deux armes retrouvées lors des perquisitions ont été utilisées pour tuer les trois dernières victimes dans l'Essonne, a affirmé lundi la procureure de la République à Evry, Marie-Suzanne Le Quéau. Les expertises balistiques devraient permettre d'en savoir plus. Deux armes de type 7,65 mm et des munitions ont été retrouvées lors de perquisitions dans des lieux indiqués par le principal suspect, âgé de 33 ans et "susceptible d'être mis en examen" pour assassinat. Yoni P. fréquentait régulièrement les clubs de tirs et les armureries du secteur.
Une moto au centre de l'enquête. Une moto similaire à celle utilisée par le tueur, une Suzuki de couleur bleue et blanche, a été retrouvée dans un box loué par Yoni P. à Viry-Châtillon, sur les indications du suspect. Le deux-roues est immatriculé au nom de l'homme qui a été relâché lundi. Un casque, des vêtements identiques à ceux du tueur, ainsi qu’un étui d’arme vide, ont également été retrouvés.
Familier des lieux des crimes. Yoni P. fréquentait également souvent les abords du parking de Juvisy-sur-Orge, théâtre des deux premiers crimes. En outre, selon son meilleur ami, il aurait également vécu à Ris-Orangis, dans l’immeuble où la troisième victime a été abattue. Enfin, le box dans lequel la moto a été retrouvée se situe à moins d’un kilomètre du lieu du meurtre d’une mère de famille de 48 ans. "Sur les quatre scènes de crime, il existe un lien de proximité entre le suspect n°1 et les victimes", a indiqué un enquêteur.
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