Les pesticides, "notre poison quotidien"

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Plana Radenovic
Un documentaire diffusé mardi soir montre le lien entre ce que nous mangeons et certaines maladies.

Un conseil, ne dînez pas devant Notre poison quotidien ce soir, sur Arte. Le nouveau documentaire de Marie-Monique Robin, la réalisatrice du Monde selon Monsanto, a de quoi couper l’appétit. Pendant 113 minutes, la journaliste explique très calmement, sur un fond musical quelque peu anxiogène, comment "notre pain quotidien" est devenu "poison".

La bande-annonce du documentaire :

Dans ce documentaire, fruit d’une longue enquête démarrée en 2004, Marie-Monique Robin nous emmène du champ du paysan au fond de notre assiette. Avec cette conclusion sans appel : il y a un lien direct entre l'absorption de produits chimiques, présents dans notre nourriture de tous les jours, et les maladies neurodégénératives (Parkinson et Alzheimer, surtout), les troubles de la reproduction chez la femme et l'homme ainsi que le cancer.

200.000 personnes par an meurent intoxiquées par les pesticides

 

A l’appui, ces chiffres alarmants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), martelés par la voix-off : "1 à 3 millions de personnes sont chaque année victimes d’intoxication aiguë par les pesticides, et plus de 200.000 en meurent".

 

Au cœur de cette intoxication alimentaire autorisée, la "stratégie de l’industrie d’inonder les experts de données difficiles et longues à vérifier", dénonce Marie-Monique Robin. Sur les quelque 100.000 produits chimiques commercialisés depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, seuls 900 évalués par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer).

Du poison dans nos assiettes

 

Au micro de Jean-Marc Morandini, sur Europe 1, la réalisatrice s’en prend à "un système censé nous protéger", fondé sur la "dose journalière acceptable (DJA) : la dose de poison qu’on est censé ingérer tous les jours sans tomber malade". Pour elle, cette limite, pas remise en question, n’en demeure pas moins contestable. Sur son blog, Marie-Monique Robin appelle à "se réapproprier le contenu de notre assiette, reprendre en main ce que nous mangeons pour qu’on cesse de nous infliger de petites doses de poisons qui ne présentent aucun avantage".