A la recherche du Big Bang

Par Gabriel Vedrenne

Publié le 29 Mars 2010 à 23h39 Mis à jour le 30 Mars 2010 à 00h32

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Le Cern tente mardi de provoquer le Big Bang, une expérience que certains jugent dangereuse.

Le Centre européen de recherche nucléaire (Cern) va essayer mardi de recréer dans son accélérateur de particules LHC les conditions du Big Bang à l'origine de l'univers. Une expérience qui consiste à faire entrer en collision des particules lancées à très grande vitesse.

Cette expérience aura lieu dans le tunnel circulaire de 27 km du Cern, enfoui à 100 mètres sous terre entre la France et la Suisse, dans la banlieue de Genève. Le test pourra être suivi en direct de 8h30 à 18h sur la web-télé du Cern ou sur twitter.

Deux faisceaux d’une puissance 3,5 Tev (Téraélectronvolt, l’équivalent de 1012 volt) vont projeter des protons afin de produire des collisions libérant une très haute énergie. Le but : que de ces collisions jaillissent des particules élémentaires encore jamais observées

Une expérience inédite

"Le fait d'ajuster les deux faisceaux est en soi un défi : c'est un peu comme lancer des aiguilles des deux côtés de l'Atlantique pour qu'elles entrent en collision au milieu de l'océan", détaille Steve Myere, le directeur du Cern chargé des accélérateurs.

"Le LHC n'est pas une machine pour laquelle il suffit d'appuyer sur un bouton. Il marche très bien mais il est encore dans une phase de mise en service. Cela peut prendre des heures voire des jours pour obtenir des collisions", a de son côté averti le directeur général du Cern Rolf Heuer.

A la recherche de la mystérieuse 25e particule.

Les chercheurs du Cern ambitionnent ainsi trouver la preuve de l'existence des particules éphémères comme le boson de Higgs, à l'origine de la notion de masse en physique théorique.

"L’enjeu est considérable", explique notre consultant Alain Cirou :



Des craintes à la mesure de l’enjeu

Cette expérience tant attendue par les scientifiques est en revanche la source des plus grandes craintes parmi les sceptiques. Une Allemande qui craignait la fin du monde a ainsi tenté de paralyser les travaux du Cern par voie de justice. La justice lui a finalement donné tort.

Le collectyif "Citizens Against the Large Hadron Collider" a les mêmes craintes : le LHC pourrait produire des trous noirs mangeurs de matière qui, s'ils s'échappaient du laboratoire, pourraient dévorer notre planète.

Le Cern se montre, lui, bien plus rassurant : "quelques théories de type spéculatif prédisent la production de trous noirs mais ces théories prévoient aussi qu'ils se désintégreraient aussitôt et resteraient sans effets".

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Les installations du Cern à Cessy. © REUTERS

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