Un accord à la sauce allemande ?

Par Gabriel Vedrenne avec Isabelle Ory, correspondante d'Europe 1 à Bruxelles.

Publié le 27 octobre 2011 à 09h46 Mis à jour le 27 octobre 2011 à 09h46

La chancelière allemande Angela Merkel, aux côtés du président français Nicolas Sarkozy, en train de saluer son homlogue tchèque, Petr Necas.

La chancelière allemande Angela Merkel, aux côtés du président français Nicolas Sarkozy, en train de saluer son homlogue tchèque, Petr Necas. © REUTERS

Qui a tiré son épingle du jeu dans l'accord sur la zone euro ? Plutôt la discipline budgétaire.

Après une nuit de longues et complexes négociations, les pays de la zone euro se sont mis d’accord pour faire face à la crise de l’euro. Lors de leur passage devant les médias, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel étaient visiblement soulagés, avec un sourire plus prononcé du côté de la chancelière. Et pour cause, à y regarder de plus près, les pays de la zone euro se sont en grande partie alignés sur la vision allemande.

Angela Merkel en maitre de cérémonie

"Je pense que nous avons pu être à la hauteur des attentes et que nous avons fait ce qu'il fallait faire", s’est réjouie la chancelière jeudi matin, après avoir été à la manœuvre pendant toute la nuit. La presse allemande s’en félicite d'ailleurs jeudi, Die Welt appelant les Allemands à reconnaître le brio d’Angela Merkel, quand le tabloïd Bild parle tout simplement d’un " triomphe".

La règle d’or bientôt obligatoire, le mauvais élève italien rappelé à l’ordre, les banques sommées d’assumer une partie des risques qu’ils ont pris en Grèce, etc. : autant de décisions en effet très "germano-compatibles", l'Allemagne prônant la discipline budgétaire qu’elle s’applique en interne depuis des années.

Mais elle préserve le couple franco-allemand

Angela Merkel a pourtant ménagé Nicolas Sarkozy pour préserver le couple franco-allemand, moteur de la plupart des réformes au sein de l’Union européenne.

La chancelière allemande a ainsi pris soin d’arriver aux côtés du président français, une union également affichée lors des négociations avec le secteur banquier. Les deux dirigeants avaient auparavant passé près d’une heure en aparté pour accorder leurs discours.

De toute façon, l’UE ne peut avancer sans accord entre les deux pays, dont l’entente concilie les visions de l’Europe du Sud et de celle du Nord. "On ne peut pas vivre sans un compromis franco-allemand", a d’ailleurs rappelé le ministre belge des Finances, Didier Reynders, jeudi matin sur Europe 1.

La banque centrale, pomme de discorde

Néanmoins, des désaccords demeurent, notamment sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE), qui cristallise les divergences du couple franco-allemand. Les Allemands veulent une institution indépendante et technique qui se contente de gérer les émissions d’euros et l’inflation.

A l’inverse, les Français veulent en faire un outil au service des politiques, n’hésitant pas à faire tourner la planche à billets si nécessaire, comme le font les Etats-Unis au moindre ralentissement de leur économie.

Mais cette nuit de négociation n’a pas fait pencher la balance d’un côté ou de l’autre, le statu quo demeure pour la BCE : elle a accepté des "mesures non conventionnelles et temporaires", prônées par la France, mais prévient : elle demeure indépendante des Etats-membres et c’est à ces derniers qu'il revient d'apporter une "réponse résolutive et durable" à la crise.

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