Sahel : comment protéger les expatriés

Par Gabriel Vedrenne avec Mélanie Taravant

Publié le 18 janvier 2013 à 07h44 Mis à jour le 18 janvier 2013 à 07h44

Photographie d'illustration

Photographie d'illustration © REUTERS

La prise d’otages en cours en Algérie prouve que les entreprises doivent anticiper le pire.

L'INFO. L'armée algérienne a donné l'assaut jeudi contre le site gazier dans le désert du Sahara où des centaines de personnes étaient retenues par un commando djihadiste. Le nombre de victimes n'est pas encore connu, mais les autorités algériennes reconnaissent déjà "quelques morts et blessés", sans donner de chiffre. Les terroristes, eux, parlent de 50 morts : 34 otages et 16 d'entre-eux.

>>> De telles prises d’otages ne sont pas nouvelles et les entreprises opérant à l’étranger ne peuvent ignorer le danger. Mais comment s’y préparent-elles ?

>> A LIRE AUSSI - Algérie : prise d'otages sur un site de BP

• Qui est concerné ? BTP, télécoms, banque, industrie pétrolière, etc. : de très nombreuses entreprises françaises sont présentes dans cette région francophone. Au seul Mali, on dénombre ainsi une soixantaine d’entreprises françaises, mais beaucoup sont aussi implantées au Niger, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire ou encore en Mauritanie. En raison du contexte actuel de tension, ces entreprises préfèrent néanmoins rester anonymes, d’autant qu’elles ont, pour l’instant, décidé de laisser leurs salariés sur place.

"On va être obligés de s'immoler par le feu"

© MAXPPP

Le recours aux conseils de spécialistes. La majorité des entreprises visées appartenant au CAC 40, elles ont donc les moyens de se payer les services de sociétés de conseil en sécurité. Les entreprises opérant dans des zones sensibles y ont même recours depuis des années. Geos, Gallice, Amarante, etc. : toutes ces entreprises comptent dans leurs anciens membres des services de renseignement ou de l’armée. Leur mission est double : elles assurent d’un côté un service de veille et de renseignements, de l’autre elles forment et conseillent les employés des sociétés clientes. Étant donnée la situation actuelle, beaucoup d'entreprises implantées en Algérie ont fait venir très récemment de nouveaux spécialistes pour revoir leur plans de sécurisation.

Comment la sécurité de ces entreprises est-elle assurée ? Outre le fait d’informer leurs clients des dangers existants dans la région avant que ces dernières ne s’y implantent, ces sociétés de sécurité effectuent également une veille. Elles réalisent "un audit sécuritaire" qui permet d'évaluer le niveau de menace : vert, orange, rouge ou même écarlate. Ces analyses sont fréquentes et deviennent même quotidiennes dans un contexte de crise, comme c’est le cas aujourd’hui.

Blois : braqueurs à 13 et 14 ans

© MAXPPP

Les règles de sécurité au quotidien. Dans la plupart de ces pays, les entreprises françaises appliquent déjà des dispositifs de protection. Ainsi, les déplacements sont limités au maximum et se font sous escorte dans les zones à risques. Utiliser une voiture blindée n’est pas si rare et les appartements sont particulièrement sécurisés. Enfin, côté travail, les activités sont concentrées dans un seul et même endroit quand c’est possible afin d’assurer une meilleure protection des salariés. Les horaires de travail peuvent également être écourtés pour limiter la période d’exposition aux attaques potentielles.

Ce qui est prévu en cas d’aggravation de la situation. Si l'alerte passe au niveau rouge ou écarlate, de nouvelles mesures entrent en application. Les familles peuvent ainsi être déplacées dans des appartements munis de "safe room" pour pouvoir se cacher et se protéger. Elles peuvent aussi toutes migrer vers des "campound", des sortes de base de vie entourées de barbelés et de miradors, qui protègent les habitants. Enfin, si l’alerte devient écarlate, le rapatriement s’impose : d'abord les familles puis les employés, le tout par l'intermédiaire d'avions, d’hélicoptères ou de bateaux pré-positionnés en amont.

  • a a
0

Et aussi

> Suivez l'info Europe 1 en continu sur , et réagissez sur

En ce moment sur Europe 1

Les dernières infos économiques
  1. Hier

    Xavier Beulin : les charges des agriculteurs "vont baisser de 3%"

  2. Hier

    Dosettes : Nespresso s'engage à modifier ses pratiques commerciales

  3. Hier

    Réduction des déficits : Montebourg veut des "contreparties" de Bruxelles

  4. Hier

    La Redoute supprime son "gros catalogue"

  5. Hier

    Reims : bonne nouvelle sur le front de l'emploi

  6. Hier

    La création d'entreprises en baisse en mars

  7. Hier

    PSA : en colère, ils offrent leurs primes aux Restos du Coeur

  8. Hier

    Smic : la proposition de Gattaz est "esclavagiste"

  9. Hier

    Angola : le projet à grande échelle de Total

  10. Hier

    3% de déficit : Sapin promet de les atteindre sans délai

  1. Hier

    Les eurodéputés votent l'union bancaire

  2. Hier

    Nantes : la fermeture de l'usine de la Seita confirmée

  3. Hier

    Smic : la proposition choc de Pierre Gattaz

  4. Hier

    La Société Générale condamnée à payer 2 millions d'euros

  5. Hier

    Ecotaxe : Royal veut faire payer les camions étrangers

  6. Hier

    Tarifs EDF : Pas de hausse avant le mois d'août

  7. Hier

    Alstom : 180 postes menacés en France

  8. Hier

    Quand l'Allemagne embauche, c'est toute l'Europe qui se précipite

  9. Hier

    Jeux en ligne : les paris sportifs ont la cote

  10. Hier

    Sapin : "3% en 2015, c'est notre stratégie budgétaire"

  1. Hier

    Nantes : l'usine de la Seita devrait fermer

  2. Hier

    Les banques ont supprimé 80.000 postes en 2013

  3. Hier

    La BCE envisage d'agir contre l'euro fort

  4. Hier

    SFR : Bouygues s'estime victime "d'anomalies"

  5. Hier

    Les chiffres de Pôle emploi labellisés

  6. Hier

    La Cour des comptes épingle l’endettement des hôpitaux

  7. Hier

    La Sécu a dépensé 1,4 milliard de moins que prévu en 2013

  8. Hier

    "Guerre des oursons" : Lindt reprend l’avantage

  9. Hier

    Electricité : la justice impose une hausse rétroactive des tarifs

  10. Hier

    FagorBrandt : feu vert espagnol à Cevital pour un rachat

  1. Hier

    Déficit : Sapin croit à "l'objectif des 3%"

  2. Hier

    Recul historique du travail à domicile

  3. Hier

    Lauvergeon : "Des bruits viennent de gens qui ne me veulent pas du bien"

  4. Hier

    La TVA fête ses 60 ans

  5. Hier

    Les 3 Suisses devraient supprimer 198 postes

  6. Hier

    Travail dominical : les magasins de bricolage resteront bien ouverts

  7. Hier

    Dette : Barnier ne veut pas "un nouveau sursis" de Bruxelles

  8. Hier

    Alcool : nous buvons "moins mais mieux"

  9. Hier

    FNSEA : Xavier Beulin réélu sans surprise

  10. Hier

    Siphons à chantilly : attention danger !

  1. Hier

    50 milliards d'économies : le texte en conseil des ministres le 23 avril

  2. Hier

    Toyota : 110.000 voitures rappelées en France

  3. Hier

    Pour Noyer (BCE), Valls fait une "erreur de diagnostic"

  4. Hier

    La loi sur la transition énergétique sera présentée "avant l'été"

  5. Hier

    Rythmes scolaires : ce que prévoit Valls

  6. Hier

    Valls : coup de pouce pour les plus modestes

  7. Hier

    Valls précise les 50 milliards d'économies

  8. Hier

    Emploi : Valls promet une baisse du coût du travail

  9. Hier

    Valls veut "redonner confiance aux Français"

  10. Hier

    Valls : "Réduire la fracture numérique"

Europe 1 sur les réseaux sociaux
L'édito économique
La fin de la Chine low-cost?

La fin de la Chine low-cost?

Une grève paralyse depuis le début de la semaine le fournisseur Chinois de Nike et d'Adidas, montrant à quel point "l'usine du monde" commence à devenir fragile.

Europe 1 Vidéos

Pour retrouver les vidéos d'Europe1, cliquez ici

Humour, politique, culture, sport, économie, découvrez toutes les vidéos d'Europe1.

Toutes les vidéosVidéos les plus vues