Perte du AAA : quelles répercussions ?

Par Europe1.fr avec AFP

Publié le 13 janvier 2012 à 23h47 Mis à jour le 14 janvier 2012 à 00h13

Les collectivités locales devraient être touchées par la dégradation de la note de la France, tout comme les banques, les entreprises et l'Etat.

Les collectivités locales devraient être touchées par la dégradation de la note de la France, tout comme les banques, les entreprises et l'Etat. © Google Street View

Banques, entreprises ou collectivités locales pourraient être touchées.

La perte du triple A français pourrait avoir des réactions en chaîne. Entreprises, particuliers ou encore banques : tout le monde est concerné par cette dégradation. Europe1.fr fait le point.

Les entreprises vont souffrir. Les entreprises devraient être les premières touchées par la situation. La dégradation généralisée du contexte économique devrait peser sur leur chiffre d'affaires, ce qui devrait les pousser à reporter investissements et recrutements. Un coup dur pour l'emploi malvenu alors que de nombreux plans sociaux émaillent déjà la situation économique du gouvernement. Leur activité devrait être aussi freinée par un assèchement accru du crédit.

Les petites et moyennes entreprises devraient avoir plus de mal encore à trouver des financements pour faire tourner leurs affaires. Les grands groupes français, qui font la plupart de leurs bénéfices hors de France, sont davantage protégés car ils peuvent trouver d'autres sources de financement au-delà de l'Hexagone.

Enfin les grands groupes publics, comme EDF ou Aéroports de Paris, devraient voir en toute logique leur note dégradée dans la foulée de celle de l'Etat actionnaire, avec pour conséquence une fragilisation financière.

Augmentation du coût de la vie. François Baroin l'a assuré vendredi soir sur France 2 : "il n'y aura pas de troisième plan de rigueur". La dégradation de la note française pourrait pourtant bien avoir un impact sur le budget des ménages alors que le gouvernement vise une réduction du déficit public de la France à 4,5% du produit intérieur brut fin 2012 et 3% en 2013.

Concrètement, il pourrait y avoir un risque important de hausses d'impôts, y compris locaux. Par ailleurs, la détérioration des conditions de financement et de l'environnement pour les entreprises pourra aussi avoir un impact sur leurs investissements et donc sur l'emploi. Et puisque les banques devraient devenir plus frileuses, une possible baisse du nombre de crédits, notamment dans l'immobilier, est envisagée et les taux pourraient repartir à la hausse.

Il pourrait également y avoir des conséquences plus indirectes. Les voyageurs pourraient aussi être contraints de payer plus cher leurs billets de train si Réseau ferré de France est concerné par la décision de Standard & Poor’s. Ses emprunts sur les marchés coûteraient plus cher avec le risque d'une répercussion sur les péages ferroviaires et par conséquence sur les billets de train.

Les banques moins bien notées. Avec la dégradation de la note de la France, celle des banques sera également abaissée. Par conséquence, leur refinancement devrait être plus coûteux, ce qui devrait rendre les prêts aux particuliers et aux entreprises plus onéreux et plus rares, notamment les crédits immobiliers.

Des difficultés pour l’Etat. Les conditions de financement de la France risquent de se durcir. Concrètement, les taux qui permettent à l’Hexagone d’emprunter pour financer sa dette - actuellement 3,2% pour des obligations à dix ans - devraient augmenter. Chaque hausse d'un point de pourcentage de ces taux équivaut à quelque trois milliards d'euros de coût supplémentaire. Une situation délicate d'autant que Paris prévoit d'emprunter au total 179 milliards d'euros sur les marchés en 2012.

Les collectivités locales dégradées. Aucune collectivité locale ne pourra conserver son triple A, après la perte au niveau national de ce précieux sésame sur les marchés. La raison ? Une grande partie de leur budget provient de l'Etat. Elles pourraient donc avoir plus de difficultés à emprunter pour financer une route ou la construction d'un musée.

Pas de modification des assurances. La conséquence d'une hausse du taux des obligations souveraines françaises devrait être quasi nulle, sauf si les assurances constataient une forte décollecte sur les contrats d'assurance-vie. Dans ce cas, elles auraient besoin de liquidités et seraient contraintes de vendre à perte leurs obligations. En revanche, si la collecte reste satisfaisante, les assureurs pourront mieux rémunérer les contrats d'assurance-vie en euros.

La dégradation des notes de plusieurs pays européens pourrait toutefois déstabiliser le secteur assurantiel.

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