Perte attendue du "AAA" : "une terrible nouvelle"

Par Europe1.fr avec AFP et Reuters

Publié le 13 janvier 2012 à 18h04 Mis à jour le 13 janvier 2012 à 22h35

Les uns dénoncent "l'échec de Nicolas Sarkozy", alors qu'au gouvernement on se veut rassurant.

Les uns dénoncent "l'échec de Nicolas Sarkozy", alors qu'au gouvernement on se veut rassurant. © MAXPPP

REACTIONS - Les politiques commentent la dégradation imminente de la note de la France.

La note souveraine de la France devrait être dégradée vendredi par l'agence de notation Standard & Poor's. Cet abaissement à AA+ divise les politiques. A l’UMP, on reste confiant tandis que l’opposition charge le chef de l’Etat. Europe1.fr fait le point sur les premières réactions.

L’UMP reste positive

"La France, une valeur sûre". La ministre du Budget Valérie Pécresse s'est voulu rassurante. "Aujourd’hui, la France est une valeur sûre. Elle peut rembourser sa dette et les nouvelles concernant notre déficit sont meilleures que prévu", a-t-elle assuré sur BFM-TV. "Je ne spécule ni dans un sens ni dans l’autre sur les décisions des agences de notation, ce que je dis c’est qu’aujourd’hui, nous travaillons pour les français et que nous ne changerons pas de cap. Notre cap, c’est le désendettement c’est la compétitivité de la France et c’est soutenir la croissance", a-t-elle ajouté.

De son côté, l’Elysée s’est refusé à tout commentaire.

Une nouvelle qui "doit être relativisée". Le secrétaire général de l'UMP a estimé vendredi soir que la dégradation d'un cran n'était "pas une nouvelle dont on peut se réjouir mais elle doit être relativisée". La raison ? "Standard and Poor's avait également dégradé la note américaine, elle place la France au même niveau. Cette appréciation n'est pas aujourd'hui partagée par les deux autres grandes agences. L'agence Fitch a même confirmé le triple A de la France pour 2012 en début de semaine", a souligné Jean-François Copé.

"Déjà largement commenté". Le président UMP de la commission des Finances du Sénat, Philippe Marini, a quant à lui jugé sur i-Télé que "c'est un évènement qui a déjà été très largement commenté et dont les conséquences en matière de taux pour le financement de la dette ont déjà été intégrés".

La gauche charge Sarkozy...

"Un échec considérable pour Sarkozy". Le député socialiste Jean-Marie Le Guen a estimé sur BFM-TV que cette dégradation est "une terrible nouvelle". "Ce pays va lourdement payer les conséquences et puis, évidemment, c’est un échec considérable pour Nicolas Sarkozy, un triple échec, l’échec de sa politique économique depuis 5 ans qui a amené la France dans cette situation". La députée socialiste Marisol Touraine a jugé sur Twitter que "la dégradation du #AAA français vient sanctionner cinq ans de dégradation sociale, économique et politique par Nicolas Sarkozy et son gouvernement".

"Une présidence de la dégradation". François Rebsamen, président du groupe PS du Sénat, a quant à lui assuré que la présidence de Nicolas Sarkozy "aura été une présidence de la dégradation de la France : dégradation financière, dégradation sociale, dégradation morale". Et d'insister : "la présidence de Nicolas Sarkozy se termine par la perte de ce que son conseiller Alain Minc appelait 'son trésor national'", a déclaré le sénateur-maire de Dijon à l'AFP. Pour lui "le temps du changement est venu pour redresser la France, restaurer la justice et redonner l'espoir avec François Hollande".

"Un sentiment d'humiliation". Le chef de file des députés socialiste a jugé que "la dégradation de la note de la France engendre un sentiment d'humiliation". "Elle est la rançon d'un quinquennat calamiteux qui a affaibli la crédibilité du pays, la faillite d'une gestion erratique qui a fait exploser la dette et conduit à la récession, la conséquence d'une politique européenne qui a échoué à rétablir la confiance des peuples comme des investisseurs", a estimé Jean-Marc Ayrault. Pour lui, le président Sarkozy "restera comme le président qui a dégradé la France".

"Echec de la politique de Sarkozy". Même son de cloche de la candidate d'EELV à la présidentielle. Eva Joly a estimé que la perte attendue du triple A de la France traduisait "l'échec de la politique de Nicolas Sarkozy et de ses cadeaux fiscaux" qui ont "aggravé" la situation économique du pays. Elle a jugé que cette situation "démontre que la politique d'austérité qui n'était pas demandée par les agences de notation de cette façon, a été inopérante".

Quant à Cécile Duflot, la secrétaire national d'EELV, elle a estimé qu"il importe surtout d'être conscient que cette crise est la crise d'un modèle de développement, un modèle ultra court-termiste, gaspilleur de nos ressources naturelles et qui accroît les inégalités".

"Il faut résister". Le candidat du Front de gauche à l'Elysée, Jean-Luc Mélenchon, a lancé un appel à "résister" à "la guerre de la finance contre la France", à la suite de cette dégradation annoncée. Et le parti a appelé à un rassemblement devant Standard & Poor's à Paris vendredi soir.

"Ca s'appelle un raté". Quant au parti communiste, il a jugé dans un communiqué que "tout avait été sacrifié par Nicolas Sarkozy au prétexte de la défense coûte que coûte de la note AAA de la France. Voilà ce qui s'appelle un raté ! Cette nouvelle va lui servir à justifier l'adoption accélérée de sa règle d'or et l'hyper-austérité au prétexte de faire reculer les dettes et déficits publics et de sauvegarder la compétitivité de notre économie".

De son côté François Hollande, candidat socialiste pour 2012, s'exprimera sur la perte du triple A de la France, si celle-ci est confirmée, samedi à 8h30 à son local de campagne.

...Et la droite aussi

"Cette politique est totalement stupide". "On nous a expliqué pendant des mois qu'il fallait subir de la rigueur et de l'austérité pour sauver le triple A. Le gouvernement a couru après les agences de notation. Et puis maintenant les Français subissent l'austérité et la France perd le AAA. Ce qui prouve bien que cette politique est totalement stupide", a commenté sur Europe 1 le président de Debout la République et candidat à l'Elysée. Nicolas Dupont-Aignan a dit craindre que si la France "continue comme ça, elle est partie pour un destin à la Grecque".

Nicolas Dupont-Aignan a jugé que c'est "un échec de Nicolas Sarkozy, mais plus profondément - car il ne faut pas faire de Nicolas Sarkozy le seul bouc émissaire ce serait injuste -, c'est la faillite de l'euro. Pour sortir de cette situation, il "demande a Sarkozy de préparer la sortie de l'euro et de travailler avec les partenaires pour sortir de ce système fou".

"Sanction d'une politique". Dominique de Villepin a assuré sur Europe 1 que "la perte du triple A, c'est l'échec de la politique gouvernementale, mais pas de la France". Et d'assurer que "c'est la sanction d'une politique". Selon l'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle, "il faut agir en trois étapes : "protéger les fonds propres des PME, un plan de rigueur sérieux et crédible et soutenir la croissance".

"La fin du mythe du président protecteur". La présidente du Front national, Marine Le Pen, a quant à elle commenté que cette nouvelle entraîne "la fin du mythe du président protecteur (...) Ça disqualifie tous ceux qui de Nicolas Sarkozy à François Hollande, en passant par François Bayrou, ont défendu et imposé la monnaie unique". La candidate à la présidentielle a jugé qu'"on est entrés dans la première étape de la spirale de l'éclatement de la zone euro. C'est la validation de l'analyse que je fais depuis maintenant deux ans".

"Ça n'a aucune portée". Quant à l'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, a estimé sur BFM-TV que le fait que "l'agence Tartempion dise cela monte un peu, cela baisse un peu, cela n'a aucune portée. Sauf qu'internationalement cela nous fait mal". Et d'ajouter : "nous paierons toujours notre dette qu'est-ce que c'est que cette blague ! Nous avons toujours payé notre dette".

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