Le futur coup de pouce s'élèverait à 2% selon Les Echos. Une hausse qui décevrait syndicats et patronat.
Le montant du futur coup de pouce au Smic se dessine, et il se limitera semble-t-il à un simple coup d'ongle. Selon Les Echos de vendredi, c'est une hausse de 2 % qui devrait être annoncée aux partenaires sociaux, lors de la réunion de la Commission nationale de la négociation collective, mardi prochain.
"Il y a ceux, à Bercy, qui ont les yeux rivés sur le déficit budgétaire et la faiblesse des marges des entreprises : ceux-ci voudraient limiter l'augmentation du SMIC à l'équivalent de l'inflation. A l'opposé, il y a
Bercy, ministère de l'Economie
ceux qui jugent nécessaire, au vu des attentes de l'opinion publique, de faire 1 point de plus que l'inflation. La poire devrait être en définitive coupée en deux", écrit le quotidien économique.
Le coup de pouce se limiterait à 0,6%
Une hausse de 2 % porterait le SMIC horaire de 9,22 euros à 9,40 euros, soit un peu plus de 27 euros de gain mensuel pour le salarié. Mais ce chiffre, déjà très en deçà des attentes des syndicats, est encore à nuancer. Car le coup de pouce sera en grande partie un "à-valoir" sur la future hausse légale devant intervenir au 1 er janvier 2013, soit une hausse selon l'inflation. En bref : l'augmentation légale de janvier ne s'ajoutera pas au coup de pouce de mardi.
Or selon les Echos, cette hausse légale devrait être, compte tenu de l'inflation, de 1,4%. Le coup de pouce du gouvernement se limite donc à une hausse de 0,6 point au total.
"Les deux problématiques à concilier sont celle des salariés au SMIC qui ont beaucoup de mal à boucler leurs fins de mois, et celle des entreprises, notamment des petites, à qui on ne va pas infliger un choc de coût trop important. Entre les deux, on recherche le chemin, résume-t-on au ministère du Travail. On n'est pas dans un contexte qui va permettre de combler toutes les espérances."
Une hausse de 2% destructrice d'emplois ?
FO réclame par exemple une hausse de 200 euros mensuelle sur 5 ans, et la CGT va même jusqu'à demander 300 euros. A l'inverse, la CGPME a réclamé "une suspension du coup de pouce envisagé", estimant qu'il mettrait "en danger" des milliers de petites entreprises. "Même faible, un coup de pouce fera peser un risque sérieux sur l'emploi", affirme aussi la présidente du Medef, Laurence Parisot. Pour Francis Kramarz, du groupe d'expert mandaté par la loi, chargé de rendre un avis sur le SMIC tous les ans, la hausse de 2% pourrait même détruire de 30.000 à 50.000 postes.
À ces critiques s'ajoute enfin un troisième paramètre : l'impact sur les finances publiques. Toute hausse entraîne en effet pour l'Etat une augmentation des compensations à verser à la Sécurité sociale pour les charges exonérées sur les bas salaires. Selon les experts, l'Etat devra également ajuster les premiers salaires de la fonction publique. Le coût se situe entre quelques centaines de millions d'euros et un milliard pour un point de hausse.
Le gouvernement va donc devoir se montrer habile, lors du dévoilement du montant mardi, devant tous les partenaires sociaux, patronat et syndicat. Mais la pilule a des chances de passer. Car pour un exécutif de gauche, la hausse reste modérée, et le patronat ne devrait pas faire blocage. De plus, le gouvernement entend ouvrir, lors de la conférence sociale des 9 et 10 juillet, le débat sur les règles de revalorisation du Smic, pour qu'elles prennent en compte la croissance. Et une autre table ronde sera consacrée aux moyens d'éviter que des salariés ne restent toute leur vie au Smic. Ce qui devrait faire patienter les syndicats, qui, par ailleurs, n'ont obtenu aucun coup de pouce de tout le quinquennat Sarkozy.
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