La France et le spectre de la récession

Par G.S avec AFP

Publié le 13 août 2012 à 21h45 Mis à jour le 13 août 2012 à 22h14

Les chiffres de l'Insee sortiront quelques jours après les noires prévisions de la Banque de France (BdF).

Les chiffres de l'Insee sortiront quelques jours après les noires prévisions de la Banque de France (BdF). © REUTERS

L'Insee publie mardi les chiffres officiels de la croissance pour le deuxième trimestre, après une croissance nulle au premier.

La France va-t-elle replonger dans la récession ? L'Insee donnera un début de réponse mardi, lors de sa publication des chiffres de croissance au deuxième trimestre.

Ces chiffres, officiels, sortiront quelques jours après les noires prévisions de la Banque de France (BdF). L'institution a prédit un recul de 0,1% du produit intérieur brut (PIB) français au deuxième et troisième trimestre 2012, ce qui signifierait l'entrée du pays en récession.

Les indicateurs sont au rouge

Après un premier trimestre sans croissance (0%), les données du printemps sont donc très attendues pour savoir si la prévision de croissance officielle pour 2012 pourra être respectée. Peu après l'élection de François Hollande à l'Elysée, l'exécutif a déjà dû la ramener de 0,7% à 0,3%.

Si les statistiques de mardi devaient confirmer un recul du PIB, l'économie française aura fait un premier pas vers la récession, trois ans exactement après en être sortie. La définition technique d'une récession impliquant deux trimestres consécutifs de recul du PIB, il faudrait ensuite attendre la publication, en novembre, des chiffres de l'été pour connaître le verdict.

Il reste toutefois des chances que les chiffres de la BdF soient pessimistes. L'Insee tablait fin juin sur un léger rebond du produit intérieur brut de la France (+0,1%) au troisième trimestre, après une croissance nulle sur les deux premiers. Ce scénario signifierait l'évitement de la récession. Mais il serait néanmoins inférieur aux prévisions de François Hollande, sur lesquelles le gouvernement se base pour appuyer sa politique.

De plus, de nombreux économistes pensent aussi, tout comme la BdF, qu'un chiffre négatif est inéluctable. Consommation des ménages en baisse de 0,2%, production industrielle en diminution de 0,6%, nombre de chômeurs en hausse continue mois après mois… Les indicateurs ont viré au rouge au deuxième trimestre.

L'environnement extérieur, lui non plus, n'incite guère à l'optimisme. Toujours minée par la crise de la dette, la zone euro semble, elle, bien être entrée en récession, selon plusieurs instituts de conjoncture.

"Le combat pour la croissance n'est pas perdu"

Pour l'instant, Bercy temporise. Tout en se disant "inquiet" pour la croissance, le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici a assuré jeudi dernier qu'il n'envisageait pas, pour l'instant, de réviser sa prévision pour cette année.

Mais une récession cette année, même légère et passagère, risque surtout de peser sur les perspectives économiques pour l'an prochain. Et de rendre plus difficile à atteindre l'objectif de croissance de 1,2% que s'est fixé le gouvernement pour ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013.

"Le combat que nous menons est un combat pour la croissance, et ce n'est pas un combat perdu", a assuré jeudi Pierre Moscovici dans un communiqué. "Nous nous battrons pour que la prévision de 1,2% pour 2013 soit atteinte voire dépassée", a-t-il insisté.

Car une révision à la baisse serait une très mauvaise nouvelle pour le gouvernement, déjà en quête de plus de 30 milliards d'euros pour tenir ses engagements financiers l'an prochain.

Il lui faudrait alors augmenter encore plus que prévu les impôts, voire donner un nouveau tour de vis à la dépense publique, ce qui risquerait en retour de peser sur l'activité et rendre l'équation budgétaire plus que compliquée.

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