La France et Google tombent d'accord

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Le géant de l'internet va créer un fonds de 60 millions d'euros pour financer la presse française.

L'INFO. Éric Schmidt, le patron de Google, parle déjà d'un "accord historique". François Hollande évoque, lui, "un évènement mondial". Les deux hommes viennent de trouver un compromis, vendredi à l’Élysée, sur la rémunération des éditeurs français par les moteurs de recherche. Il prendra notamment la forme d'un "partenariat commercial" entre Google et les éditeurs de presse, a précisé le groupe américain. Étaient d'ailleurs présents, lors de la signature, la présidente de "l'Association de la presse d'information politique et générale", Nathalie Collin, ainsi que le médiateur qui a travaillé à la conclusion de cet accord entre la presse et Google, Marc Schwartz. Que contient l'accord ? Europe1.fr vous fait les présentations.

• Aider les éditeurs à accroitre leurs revenus. "Le premier projet consiste à conclure des accords commerciaux avec les éditeurs pour les aider à tirer le meilleur parti d'internet et accroître leurs revenus en ligne, au moyen de solutions publicitaires", via notamment les plateformes spécialisées du géant de l'internet AdSense, AdMob et AdExchanges, a expliqué dans un premier temps un porte-parole de Google.

• Un fonds de 60 millions d'euros. L'Élysée a annoncé dans la foulée que Google allait créer un fonds de 60 millions d'euros pour soutenir la presse numérique française. Cela "facilitera la transition de la presse vers le monde numérique", assure l’Élysée dans un communiqué. "Ce fonds va sélectionner des projets selon leurs mérites en termes de transition vers le numérique. Google accompagnera les projets", a ajouté la présidence sur twitter. Selon les informations du Lab d'Europe1, la présidence du fonds Google est proposée à Marc Schwartz, médiateur sur ce dossier entre les éditeurs de presse et la firme américaine.

>> À lire sur le Lab : Marc Schwartz pressenti pour présider le fonds Google

• Un accompagnement technique. L'accord prévoit, outre l'apport financier, que Google accompagne "par sa compétence, sa technique, et ses ingénieurs" les projets retenus. Le fonds sera dirigé par un conseil d'administration composé de "personnalités indépendantes", qui sélectionneront les projets. Ces projets devront nécessairement concerner la transition vers le numérique, et uniquement pour les sites d'actualité politique et générale", détaille le site 01net.com.

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• En contrepartie... Google actu reste Google actu. Le moteur de recherche continuera, en vertu de cet accord, à reprendre les articles des éditeurs de presse dans Google et Google Actu. Que se passera-t-il une fois les 60 millions dépensés? Selon le Lab, le fonds a une durée de vie prévue entre 3 et 5 ans. "Lorsque le fonds sera épuisé, nous nous retrouverons pour une prochaine conférence de presse avec le président de Google", a ironisé François Hollande vendredi. Cet accord "va-t-il servir de modèle ou de référence? nous le verrons, mais il y a forcément une alliance à nouer entre les producteurs de contenus et les diffuseurs, c'est ce que nous avons été capables d'illustrer aujourd'hui", a-t-il poursuivi.

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• Deux mois de négociations. Depuis début décembre, les patrons de presse et les représentants du moteur de recherche américain se sont réunis jusqu'à plusieurs fois par semaine avec le médiateur nommé par le gouvernement, Marc Schwartz, du cabinet de conseil Mazars. Les éditeurs de presse exigent que Google paie des droits voisins du droit d'auteur, au regard des importants bénéfices publicitaires qu'il réalise en se contentant de référencer leurs titres. François Hollande, qui avait déjà reçu Eric Schmidt fin octobre, avait annoncé qu'une loi pourrait "intervenir si nécessaire" pour faire payer une taxe à Google, dans l'hypothèse d'un échec des négociations "Il vaut mieux avoir un accord qu'une loi, c'était la bonne approche", s'est félicité Éric Schmidt peu après sa rencontre avec le chef de l’État.