Google menace les médias français

Par Sophie Amsili avec AFP

Publié le 18 octobre 2012 à 16h22 Mis à jour le 18 octobre 2012 à 22h39

Google menace les médias français

© REUTERS

Le groupe affirme qu'il ne référencera plus les sites d'information si une "taxe Google" est adoptée.

Le courrier. Google "ne peut accepter que l'instauration d'un droit voisin pour le référencement de sites de presse français mette en cause son existence même". Le géant de l'Internet ne mâche pas ses mots dans ce courrier adressé ce mois-ci à plusieurs cabinets ministériels et rendu public jeudi. Si une taxe sur les liens référencés vers les sites d'information français est adoptée, il se dit "contraint de ne plus référencer les sites français". Le site rappelle qu'il "redirige quatre milliards de 'clics' par mois vers les pages Internet des éditeurs" français.

Le contexte. Les éditeurs de presse sont déterminés à faire payer Google pour chaque lien qui renvoie vers un contenu de leur site, comme un prolongement des droits d'auteurs.

Trois syndicats de presse français et deux allemands ont ainsi publié un communiqué le mois dernier appelant leurs gouvernements et leurs parlements à soutenir un projet de loi en ce sens. Les patrons du Figaro, des Echos et du Nouvel Observateur ont également défendu dans une interview publiée par Le Figaro la création de cette taxe. "Il est inadmissible que Google utilise nos articles gratuitement pour ponctionner le marché publicitaire français sans rémunérer les créateurs de contenus!", a ainsi déclaré Francis Morel, le directeur général des Echos. Les médias français ont obtenu en septembre dernier le soutien de la ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filippetti.

Google campe de son côté sur ses positions : "En réalité, l'ambition de ce texte est d'interdire le référencement non rémunéré. Une telle loi aboutirait à limiter l'accès à l'information, à réduire le nombre de sites français référencés sur internet mais aussi à freiner l'innovation."

Google menace les médias français

© Reuters

La réaction du gouvernement. Suite à la publication du courrier de Google, Aurélie Filippetti a déclaré que ce n'était "pas avec des menaces qu'on trait(ait) avec un gouvernement", se disant "surprise par le ton de cette correspondance". La ministre a réaffirmé son soutien à la mise en place de la taxe : "Aujourd'hui, des sites qui agrègent des contenus comme Google utilisent aussi la notoriété des éditeurs de presse, ainsi que ce qu'ils produisent. Il est donc légitime que les éditeurs de presse s'interrogent sur la manière dont il faut faire participer ceux qui diffusent leur contenu à leur financement", a-t-elle expliqué.

L'idée. Lancée en 2010 par Nicolas Sarkozy, l'idée est d'imposer les revenus publicitaires des grands portails et moteurs de recherche internationaux qui sont présents en France mais taxés dans leur pays siège (comme l'Irlande pour Google en Europe). Cette taxe est surnommée "taxe Google" car elle vise principalement le service Google Actualités. "Il faut savoir que Google est aujourd'hui l'une des premières régies publicitaires en France, avec plus d'un milliard d'euros de recettes. Mais il ne déclare que 41 millions d'euros de chiffre d'affaires en France!", a souligné Francis Morel, le patron des Echos.

La prochaine échéance. Le bras de fer n'est pas terminé. Le cabinet de la ministre chargée de l'Economie numérique, Fleur Pellerin, recevra vendredi des représentants de Google France notamment sur ce sujet. En déplacement en Allemagne, la ministre va "évoquer ce projet [de taxe]" avec son homologue allemand.

  • a a
10

Et aussi

Live - Élections US 2012
Pour retrouver tout le live Cliquez ici
301 Moved Permanently

Moved Permanently

The document has moved here.

301 Moved Permanently

Moved Permanently

The document has moved here.

Ajouter un commentaire

Votre commnentaire a bien été envoyé, vous allez recevoir un email de confirmation

Message d'erreur

    En ce moment sur Europe 1

    Le flash économie
    1. 08h45

      "Un manque de compétitivité énergétique en Europe" (Mestrallet)

    2. 08h39

      Sapin : ne pas "grignoter le repos dominical"

    3. 07h47

      Nissan rappelle 841.000 véhicules

    4. 07h17

      Paris : les radars feux rouges cartonnent

    5. Hier

      Fiscalité : l’Irlande ne veut pas trinquer

    6. Hier

      France : création d'un label pour les PME

    7. Hier

      Livret A : la collecte nette augmente

    8. Hier

      Bangladesh-France : un accord sur la sécurité

    9. Hier

      Système U se lance dans les livres en ligne

    10. Hier

      PSA : vers une négociation sur la compétitivité

    1. Hier

      Pfizer veut céder sa part dans Zoetis

    2. Hier

      Arras : liquidation de l'usine Fraisnor

    3. Hier

      Roux de Bézieux: "on est dans le brouillard complet"

    4. Hier

      Réquisitions : chiffre "caricatural" (Duflot)

    5. Hier

      PSA va fermer "rapidement" le site de Meudon

    6. Hier

      Urssaf : redressements record pour 2012

    7. Hier

      Urssaf : nouveau record pour les redressements

    8. Hier

      TGV Nord : le samedi à 20 euros

    9. Hier

      Doux : Didier Calmels sur les rangs

    10. Hier

      H&M envisage de produire en Afrique

    1. Hier

      Algérie : 1e centrale nucléaire en 2025

    2. Hier

      BPI : Ségolène Royal recadre le directeur

    3. Hier

      2012 : 8.000 foyers ont payé 100% d'impôts

    4. Hier

      LVMH a bien étudié une "prise" d'Hermès

    5. Hier

      108 postes supprimés à "Maison de Valérie"

    6. Hier

      Spanghero : 2 projets de reprise déposés

    7. Hier

      Virgin : retrait du principal repreneur

    8. Hier

      Chypre : la croissance en 2015 (FMI)

    9. Hier

      Fin de la grève à l'usine PSA Aulnay

    10. Hier

      BCE : la "détente" des taux persiste

    1. Hier

      UE: Bruxelles salue l'engagement de Hollande

    2. Hier

      Le CAC 40 dépasse les 4.000 points

    3. Hier

      Toulouse: Sanofi "accepte" le rapport

    4. Hier

      Chine : le salaire moyen a grimpé de 17%

    5. Hier

      Sanofi Toulouse: emplois gardés (rapport)

    6. Hier

      UE: 1e hausse des ventes auto depuis 2011

    7. Hier

      Moscovici : une légère croissance en 2013

    8. Hier

      La Chine, fournisseur de produits dangereux

    9. Hier

      Virgin de Marseille : Cultura dépose une offre

    10. Hier

      Problème électrique sur un Boeing 787

    1. Hier

      IDF-transport : le pass Navigo dézoné cet été

    2. Hier

      Hollande : dans "l'idéal", pas plus de "prélèvements sur les ménages"

    3. Hier

      Air France va vendre City Jet

    4. Hier

      Hollande/PSG-incidents : "une agression contre l'image de la France"

    5. Hier

      Hollande : plan d'investissements sur 10 ans

    6. Hier

      Hollande : "l'assurance-vie sera réformée"

    7. Hier

      Hollande élargit les emplois aidés

    8. Hier

      Hollande plaide pour une union budgétaire en Europe

    9. Hier

      Hollande/baisse du chômage : "Je m'y tiens"

    10. Hier

      Hollande veut un plan européen "pour l’insertion des jeunes"

    Europe 1 sur les réseaux sociaux
    L'édito économique
    Facebook et Twitter : de la place pour deux

    Facebook et Twitter : de la place pour deux

    Un adolescent américain sur quatre est sur Twitter et neuf sur dix sont sur Facebook. Ce qui indique que les réseaux sociaux ne sont pas concurrentiels mais complémentaires.

    Europe 1 Vidéos

    Pour retrouver les vidéos d'Europe1, cliquez ici

    Humour, politique, culture, sport, économie, découvrez toutes les vidéos d'Europe1.

    Toutes les vidéosVidéos les plus vues