À Aulnay, les non-grévistes sous pression

Par Gaétan Supertino avec Julien Pearce et AFP

Publié le 29 janvier 2013 à 06h11 Mis à jour le 29 janvier 2013 à 08h37

"Parmi les grévistes, il y a un noyau dur qui a tendance à jouer avec les limites du droit", a affirmé le directeur du site de PSA Aulnay, Laurent Vergely.

"Parmi les grévistes, il y a un noyau dur qui a tendance à jouer avec les limites du droit", a affirmé le directeur du site de PSA Aulnay, Laurent Vergely. © Benjamin Girette/MaxPPP

TÉMOIGNAGE - Des salariés affirment avoir reçu des menaces et travailler "la boule au ventre."

Le contexte. "Viens camarade, tu es un des seuls embauchés à ne pas faire grève. Fais comme nous, on va au vestiaire enlever ton bleu de travail". On pouvait entendre ce type de phrases, lancées par des grévistes, lundi à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois. Après 10 jours d'arrêt, ce site de Seine-Saint-Denis a rouvert lundi dans un contexte tendu. Plusieurs centaines de salariés ont bloqué la chaîne de production, pour protester contre la fermeture de l'usine en 2014, et le manque de précision quant au reclassement des salariés.

>> À lire : Aulnay, le reclassement est lancé

"Un noyau dur qui joue avec le droit." Mais si les organisateurs, à l'image du délégué CGT Jean-Pierre Mercier, veulent absolument "éviter tout débordement", les rangs des salariés semblent se disperser. Et pour cause : "parmi les grévistes, il y a un noyau dur qui a tendance à jouer avec les limites du droit", a affirmé lundi le directeur du site, Laurent Vergely. "Il y a deux camps : les grévistes et les non-grévistes. Ces derniers ont peur, ils ont subi des pressions", renchérit Tania Sussest, déléguée du Syndicat indépendant de l'automobile (SIA), au micro d'Europe 1. Et de poursuivre : "la plupart de ceux qui voulaient travailler sont restés à la maison et sont en arrêt maladie", afin d'éviter de croiser les grévistes.

"Des menaces physiques." Maria, quant à elle, refuse pour le moment d'arrêter le travail, pour ne pas se "laisser casser physiquement et moralement par les grévistes." Rencontrée par Europe 1, cette salariée fait état d'un système de pression d'un autre temps. "Ils nous ont dit qu'on était sur une liste de non-grévistes, qu'ils allaient s'occuper de nous. Plein de collègues nous ont dit qu'ils avaient reçu des menaces physiques, que les grévistes disent qu'ils iront même à leur domicile pour se venger", avance-t-elle.

"Constamment aux aguets." Les salariés de PSA Aulnay sont en grève depuis le 16 janvier. Le syndicat SUD et certains militants CFDT suivent le mouvement, tandis que le syndicat maison SIA, la CFTC, FO et la CFE-CGC ont appelé à la reprise du travail. "C'est pour protester contre les pressions que nous ne sommes pas grévistes", explique Tania Sussest, de SIA. Entre 260 personnes, selon la direction, et 430, selon les salariés, tenaient le piquet de grève lundi, sur les 2.800 salariés du site. Mais "au moins 20% du personnel de PSA sont en arrêt maladie car ils ont peur", assure de son côté Maria. "On a une boule au ventre au travail. Même mon mari a peur, il m'appelle deux à trois fois dans la journée. On ne sait pas ce qu'ils sont capables de faire. On est constamment stressés. On est aux aguets, on n'a jamais le dos tourné", détaille la salariée, qui refuse de faire grève car son salaire "rembourse à peine le crédit immobilier".

Bientôt une reprise de l'activité ? Les grévistes interrogés par Europe 1 supplient, eux, de ne pas généraliser. Ils assurent se battre pour le bien de tous les salariés de l'usine. Quant à la direction, elle tente de calmer les esprits... et de pousser les salariés au travail. "On va appeler les absents un par un au téléphone pour leur décrire la situation : qu'on peut tourner, que les grévistes n'agressent pas les opérateurs qui veulent travailler et qu'ils sont moins violents que la semaine dernière", a en effet expliqué un cadre de l'usine, contacté par l'AFP. La grève avait déjà paralysé l'usine du 16 au 18 janvier. Elle a ensuite été fermée toute la semaine dernière, sur décision de la direction, parce que les "conditions de sécurité" n'étaient "pas remplies".

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